Nous

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J'ai mal. J'ai mal, mais je souris, malgré tout. J'ai mal, et j'aimerais tellement que cette douleur s'en aille, qu'elle me fiche la paix. Que TU me fiches la paix. Mais non, t'es là, tout le temps. Et ça fait mal. J'aurais préféré que tu partes loin, que tu t'en ailles. J'aurais pu essayer de t'oublier, de cette manière. Mais non, à la place je dois te voir, et essayer de ne pas pleurer quand je te regarde sourire, heureux alors que je vais mal. Alors je souris aussi, malgré la douleur. Malgré tout.
Je te déteste. Je te déteste et je déteste cette putain de douleur, ce mal qui me tord le cœur si fort que j'en crie pour essayer de la faire partir. Mais même ça, ça ne marche pas. Alors j'essaie de t'oublier en allant voir ailleurs. Je sais, j'ai conscience que c'est mal, mais la seule chose à laquelle je pense, c'est que ce n’est pas bien, avec d’autres. Ce n’est pas bien, parce que ce n’est pas toi. Alors je me promets de ne pas recommencer, parce que c'est mal, pour eux, pour moi. Mais la douleur est tout de même là. Alors je pleure. Encore. Et j'ai mal. Encore. Et tu souris. Encore...
J'ai essayé de t'oublier, je le jure. Mais ça me semble impossible. Je sais que ça arrivera, mais quand? Dans un mois, un an? Je veux t'oublier, mais c'est tellement contradictoire avec cet autre sentiment. Celui qui me dit que, quand j'y serais parvenue, ça ne sera pas pareil. Rien ne sera pareil, parce que je sais que ça ne peut pas être plus fort que ce que je ressens pour toi. Alors j'ai mal. Encore.
J'ai l'impression de passer mon temps à penser à toi. A pleurer sur ce "Nous" qui me manque atrocement. Je sais que ce n'est pas ce que tu veux, mais je n’arrive pas à m'empêcher d'espérer, de me dire que ce "Nous" est toujours possible. Et ça fait mal. Alors je prie pour que tu partes, que tu t'en ailles de mes pensées. Mais j'ai besoin de ça. J'ai besoin de toi, de savoir que tu souris en repensant à ce "Nous" qui me torture. J'ai besoin de sentir que pour toi, ce "Nous" a bien compté. J'ai besoin que tu ne fasses pas semblant. Que tu ne fasses pas comme si ce cruel "Nous" n'avait jamais existé.
J'ignore bien, d'ailleurs, ce que tu peux en penser de ce "Nous". Alors j'espère, sans réussir à me retenir, que toi aussi, quelque part, tu repenses à Nous. J'espère te manquer, j'espère que tu l'envisages toujours, ce "Nous" qui me ronge. Alors tu ris peut-être en lisant ces mots. Tu te moques de moi, te dis que je suis naïve. Je ne vais pas mentir, dire que je m'en ficherai, si c'était le cas. Tu peux le comprendre que ce ne soit pas le cas. Tout le monde peut comprendre.
Tu sais ce que tu as représenté pour moi. Tu sais jusqu'à quel point tu m'as changée. Et je me demande comment, en une période aussi courte, tu as réussi à faire ce que personne d'autre n'avait réussi jusqu'à ce qu'il se passe tout ça, entre nous. Et puis la réponse me vient aussitôt, évidente. Je t'ai aimé, tout simplement. Tu as été ma plus douce torture. J'ai détesté te savoir loin de moi, quand tu n'étais pas là. Et quand tu y étais, tu arrivais à me manquer alors que tu n'étais pas à cinquante centimètres de moi. J'ai détesté sentir ta main dans la mienne, alors que j'aurais voulu être dans tes bras. J'ai détesté être dans tes bras, parce que je savais que ça se finirait de cette manière. Et pourtant... Malgré ça, malgré tout, ç'aurait sûrement été ces moments que j'aurais cité, si on m'avait demandé quels étaient mes plus beaux souvenirs. Juste nous.
Alors voilà: Je t'aime, Harry. Je t'aime, un point c’est tout.